Avec pas d’fusils (on lance des fusées).

 Avec pas dfusils (on lance des fusées).

 

Stéphane Lafleur. Stéphane le chanteur. Stéphane le réalisateur. Stéphane le raconteur. Stéphane le raton-laveur? Stéphane et les grandes chaleurs? Bon. Stéphane, t'sais celui qui a realisé En Terrains Connus? C'est ce que je dis pour situer le personnage à eux qui ne le connaissent pas. Ou à mes amis qui l'aiment aussi, on se dit, "ouais, ce gars-là, y'a juste trop d'talents". Groupie? Moi? Hmm. 

C'est l'homme qui a fait la trame sonore (sans le savoir) de mes histoires d'amours, les meilleures et les moins bonnes, avec cette phrase pour refrain "l'amour passe à travers les murs", ça me parlait beaucoup (et ça pouvait s'appliquer aussi aux amours qui "frappaient" les murs). De sa verve éloquente et écorchée, j'ai toujours sentie qu'il nous révèlait dans chacune de ses chansons, ou presque, un bout de ce qui se cachait derrière notre écorce (l'écorce de notre nature humaine disons) dans ce qu'elle a de bien (trop) humble.

Celui que je surnomme aussi (en cachette) "l'illustre poète des amours hivernals"(pas qu'en été on ne tombe pas amoureux, mais entre le froid et Avec pas d'casque, y'a comme des étincelles), ou le feu de bois de mon hiver. On les écoute et on partirai drette-là en camping, peu importe le -20 dehors. 
Quasiment. D'ailleurs, j'aurais jurer que le vent du nord qui me poussait drôlement ce jeudi soir là, me poussait en direction du Cabaret du Mile-End, exactement vers eux.

Chose étrange, peu importe la pluie, le froid, j'avais decidé que je me baladais en petite robe d'été. Autant avoir le soleil dans les yeux, à défaut de l'avoir dans le ciel. Et finalement, c'était plutôt de cirscontance pour le lancement d'Avec pas d'casque. Ils donnent chaud quand il fait pourtant froid. 

Valérie nous rejoint, Élisabeth et compagnie aussi, j'ai l'impression que tout le monde se réunit ce soir, sous une grande tente. Elfin Sadle nous font une première partie en chants et en couleurs un peu mythiques, pour partir un peu en fumée (bref, je me retourne et ils ont disparus, ça leur ressemble un peu remarquez).

Je pense à ce nom d'album, Astronomie. Intéressant pour un groupe folk de poètes venus du froid, jasant du terre-à-terre. Quoique, il y a un peu de "métaphysique des moeurs" dans tout ça. Donc ok, astronomes et astronautes peut-être, à "quelque part".

Je vois des planètes qui défilent derrière eux. Saturne et ses anneaux qui nous hypnotisent. Puis le trombone se donne, et les astronautes folks jouent, comme en apesanteur et se métamorphosent bien vite, en cowboys. 

Stéphane cesse d'avoir les mains tremblotantes (oui, on aimerait sentir ça plus souvent en spectacle et oui, je me demande si elles sont moites). lls offrent une chanson à ceux et celles qui sont descendus dans la rue pour la manif, on sent l'unisson. Et le vent aussi, encore, qui revient me pousser dans le dos, ce vent de renouveau. C'est aussi "ça" Avec pas d'casque. En fait, c'est exactement ça, ce que la journée m'inspirait, ce renouveau, c'est dans l'air et l'air, c'est contagieux.  

Des photos rétro, un brin "cheesy", les accompagnent sur scène. Stéphane a l'air de s'amuser. Il nous embarque avec lui dans ses chansons, pour Mirabelle entre autre, faire un pique nique, avec "les jambes engourdis après s'etre assis en indien", pour "manger des paysages long comme des trains de marchandise". On fini même par "apprivoiser les avions" ou les navettes, c'est selon.

Il s'ouvre dans ses chansons, il nous dit beaucoup de choses dans sa langue franche, parsemée d'anecdotes, de paraboles, et de poésie; des affaires qu'on se dit jamais vraiment, mais qu'on pense, parfois autrement.  Je me tiens là debout, devant la console de son, et je me laisse fasciner par lui, comme par Youri Gagarine, sauf qu'au lieu des constellations, ce sont ses paroles; et son genre de sourire en coin, qui retiennent mon attention.

Après le gazou, ils nous entretiennent d'une autre de leur anecdote (je pense qu'ils ont un littéralement un sac ou une boîte remplie d'anecdotes en tous genres, pour toutes les occasions). Celle-là, porte sur leur photoshoot pour la couverture du journal Voir, sur lequel ils auraient bien pu apparaître nus (bon, cachés par des animaux en origami, mais tout de même). J'aurais voter pour ca, mais les galipans sont un brin trop sages. Après les fanfaronneries, j'entends "arrêtes de t'ennuyer de choses qui n'ont jamais existées"…Ouais. Je me dis que Mara Tremblay aurait bien pu chanter ça. Je me dis aussi qu'ils disent des trucs qui rentrent droit dedans, ces mots, lancés comme des fusées, atterissent quelque part entre nous et notre écorce.  

Les très sympathiques interventions des autres membres, nous font passer une bien agréable soirée, et ce, même si j'ai arrêté de rêver aux "choses qui n'ont pas encore existées", y compris celles que j'ai jamais vues, comme les étoiles dans le fond de la salle. 

Lafleur nous fait une petite confession, il dit qu'il regrette souvent ce qu'il vient tout juste 
de dire; comme ça, qu'il regrette à l'instant, d'avoir dit regretter ses dernières paroles (si vous me suivez). Je comprends. On comprend. On acquiesce sur sa musique. C'est comme ça qu'il nous réunit. Avec pas d'casque, et sans fusil. En finissant la soirée au St-Viateur Bagel, je me dis qu'il suffit juste de ça parfois, de soulever l'écorce et nos masques, pour se sentir plus ensemble et se sentir vivant.

Merci Stéphane d'avoir ce (foutu) talent.

Sur ce, voici le dit "Talent" en vidéoclip. 

Avec pas d'casque || Talent [Vidéoclip officiel] from Dare To Care Records on Vimeo.

 


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