Quand Patrick rime avec magique (Watson)

J’entre au Danforth Music Hall à Toronto, beau théâtre aux allures anciennes et aux murs bleutés. Les filles derrière moi sont (déjà) en mode groupie. En fait, dès la première chanson du groupe Half Moon Run, assurant la première partie, on sent que le public est soit déjà fan, ou qu’il le devient instantanément. On devine aussi que Half Moon Run ne se donne pas qu’à moitié.

 Quand Patrick rime avec magique (Watson)

Le chanteur, Devon Dunn-Portielje, jeune premier, avec ses airs romantico-rebelles, prend possession de la scène avec aise et plaisir. Son chignon se dénoue et la fougue des trois jeunes louveteaux sauvages se ''relâche'' de plus bel.

Le public les apprécient et difficile de faire autrement. Quand Portielje parle au public, humblement, celui-ci lui répond avec un enthousiasme qui semble déstabiliser le groupe, dépassé par leur succès.

HMR, ont aussi un coté blues mellow-mélancolique qui s’opère sur différents morceaux. Dans leur folk, ou ce galop contemplatif, dans la voix et avec l'harmonica qui s'invite et surtout, dans leurs réverbérations, ils nous transportent sur des falaises. Des souvenirs de l'album Parachutes de Coldplay, me reviennent. Ça me rappelle aussi le son des Barr Brothers. Quoiqu’une influence de Radiohead se fasse aussi clairement sentir, leur son, dans ce qu’il a de plus fringant et d’accrocheur semble faire écho à quelques groupes de la côte ouest américaine, et aussi de Chicago. Difficile bref de leur mettre une étiquette. Chose certaine, leur talent laisse présager un avenir des plus prometteurs. Faudra conserver ce souffle de jeunes fugitifs en cavale sorti tout droit de leur trippes, si vous me pardonnez l'expression. Le plus étonnant pour moi ce soir, c’est leur maîtrise ou plutôt leur réelle présence sur scène. Assez remarquable pour leur jeune âge et leur peu d’expérience. Sensibles et authentiques, ils sont heureux d’être là et ça transpire tout au long de leur performance. Ils seront bien applaudis d’ailleurs; des mains d’applaudissements qui signifient bien plus qu’une tape dans le dos.

Entrée de Patrick Watson et acolytes sur la scène, dans le noir. Des lumières éclairent les instruments seuls, puis des projections illuminent deux espèce de cônes de chaque côté de la scène. L'univers du rêveur s'installe, comme par magie. On se sent déjà emporté par la rafale, et on s’enfonce (de belle façon) dans le théâtre qui prend des airs d’aquarium. Le public s’imprègne des ritournelles de Watson; et tout à tour, l'aquarium se métamorphose en un grand cirque, cirque devenant une machine à voyager dans le temps, un mécanisme d'un piano, un gouvernail d’un grand voilier, jusqu’à nous faire passer au dessus d‘un feu de camp à Baie Comeau, pour finalement nous laisser sonder quelque part en orbite autour de la terre…Capitaine Watson (c'est sans doute pour ça qu'il porte presque toujours un petit chapeau) fait de beaux et grand numéros, comme si chaque chanson était un nouveau tableau.

 Quand Patrick rime avec magique (Watson)

Et l’humour de Watson! En bon One Man Show, ses anecdotes et son approche on ne peut plus sympathique, pleines de bonhommie et d'esprit, toujours le fou rire aux lèvres, anime et ponctue ce périple. En spectacle, son univers prend forme et dans ce monde, Patrick rime aussi avec magique et il devient un enchanteur (et moi, Dorothée, du moins, j’ai l’air aussi ébahie).

 Quand Patrick rime avec magique (Watson)

Bon. On comprend donc que Watson est en fait un grand sorcier venu d'un autre temps et qu’il fait de la musique comme ont fait du cinéma, et pour tout ca, j'aimerais lui décerner un oscar.

Magique, Watson.

 


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