Le Boss, les canailles et la bande de truands

Le douanier-What are you folks planning on doing in the United States?

Joanne-Hum..See Bruce Springsteen in Albany sir.

Le douanier-(srourire, air incertain de la réponse donnée)…Well, enjoy the show folks!

 

Bruce Springsteen – Times Union Square, Albany, USA

Pendant que c'était l'été à Coachella, on partait lundi pour Albany voir notre *père spirituel, The Boss, j’ai nommé: Bruce Springsteen, en chair et en os (et en shape). Avant le périple, je me suis contenue tant que possible, entre autre en allant dimanche soir au spectacle surprise de Radio Radio, mais c’était pas une bonne idée. Voir les hommes shirt less, suintants, les cheveux bouclés rebondissant sur le beat, ça m’a juste empêché de dormir. J’ai juste (re)pensé à Springsteen, plus jeune tsé. Peu importe, c’était un dimanche soir pas comme les autres, sans savoir ce qui m’attendait le lendemain, j’avais déjà une petite idée que l’aventure allait être invraisemblable.

*Père spirituel, selon des sites douteux: « Celui qui escalade une montagne pour la première fois doit suivre une voie balisée ; et il a besoin d’avoir comme guide et compagnon quelqu’un qui a déjà gravi ce sommet et qui connaît le chemin. Ce double rôle est précisément celui du père spirituel, geron pour les Grecs, starets pour les Russes, mots qui signifient dans les deux langues " vieillard " ou " ancien ".

ll faut être prêt à consacrer régulièrement un temps de rencontre, faire des kilomètres, se forcer quand on n’éprouve pas l’envie d’aller le trouver. Mais le jeu en vaut la chandelle !» Bon. 

Lundi donc. Plein soleil, +30 degrés sur Montréal. On roule jusqu’à la frontière américaine. Kamala se retourne et nous lance, si le douanier nous demande comment on s’connait on dit quoi? On se pose la question un instant, comment on se connaissait les quatre? On sait qu’on se retrouve ici maintenant à cause de Bruce, un lien familial ou presque, il aurait pu être notre père après tout. Cette réponse nous suffit et ça suffira pour nous faire passer. Le douanier nous trouve charmants. On se trouve plutôt absurde.

On débarque je ne sais où, somewhere in the USA. Un vent chaud devançant l'été, souffle derrière nous, pour se retrouver hurluberlus dans un diner sur la route. On reprend la route, Marie et moi, l’air de Thelma et Louise dans le rétroviseur. Quand on descend enfin près du Times Union Square, les rues débordent de fans. La casquette de baseball, le look 80’s et une trentaine d'année en moins, on se fond dans la masse. On croit tout de même quelques jeunots, portant le bandana façon Spingsteen. On n’est pas les seuls à le voir comme un Dieu grec.

 Le Boss, les canailles et la bande de truands

Bruce et l’E Street Band font leur apparition vers 20h30, l’énergie retentissante du groupe est plus impressionnante que tout ce que j’ai vu auparavant. Ouvrant en grand avec Badlands, ça saute aux yeux qu’une une fois en marche, rien ne pourra l’arrêter.  Il enchaîne d’emblée les morceaux avec autant de vigueur que…que…nul autre que lui. Je comprends son petit no The Boss un peu mieux. Et je comprends vite qu’en 3 heures de spectacle, il lui reste tout un registre en banque et qu’il ne doit pas lésiner sur la livraison. Joanne me fait remarquer qu’on entend les ressemblances avec Arcade Fire, qui se sont inspiré de lui, c’est soudainement assez flagrant. Pendant que je commence à sentir mon dos flanché, le Boss lui, coure la scène de long en large, dégoulinant de sueur, et une cravatte un peu dénouée. Deux heures plus tard, quand je perds la voix et qu’il se lance dans la foule, body surfing oblige, je me demande vraiment s’il a fait un pacte avec le diable pour rester plus vivant que vivant. Bruce n’est pas un simple chanteur de mon enfance que j’idolâtre, il performe comme un gladiateur, un champion dans la discipline « show man », plus vieux que mon père.

   Le Boss, les canailles et la bande de truands

Crédit photo: Éric Kamala Boulianne.

Outre mon air estomaqué et mes réflexions d’enfant admiratif, on a droit à quelques premières de tournée, et de nombreux classiques aussi,évidemment. Backstreets pour ma part, fût un des highlight de la soirée, quoique le rappel, un trio bien spéciale, fût on ne peut plus mémorable : Born to Run, Dancing in the Dark et finalement Tenth Avenue Freeze-Out, avec un hommage au saxophoniste défunt, membre bien spécial et complice de Bruce, Clarence sur Jumbo Tron.

 Le Boss, les canailles et la bande de truands

Tout ça sans oublier toute la clameur de la foule et la teneur de Springsteen, calant la bière d’un fan par-ci, faisant le pont par-là. Un peu plus et il faisait la roue, jonglait avec des guitares et crachait des flammes. Presque.

Seule déception : J’ai peut-être pas entendue tous mes morceaux préférés, mais le show m’a repue pour un moins un an.

Cette semaine, le E Street Band a vu un autre de ses membres quitter ce monde, RIP Levon Helm (& Clarence sur Jumbo Tron)…et merci.

Setlist

Badlands

We Take Care Of Our Own 

Wrecking Ball  

Out in the Street  

Death to My Hometown  

My City of Ruins  

Darlington County  

Jack of All Trades  

Murder Incorporated 

Downbound Train 

Shackled and Drawn 

Waitin' on a Sunny Day 

The Promised Land 

Apollo Medley 

Janey Don't You Lose Heart 

Backstreets 

The Rising 

Lonesome Day 

We Are Alive 

Land of Hope and Dreams 

Rappel :

Thunder Road 

Rocky Ground 

(Avec Michelle Moore)

Born to Run 

Dancing in the Dark 

Tenth Avenue Freeze-Out 

(Avec hommage video à Clarence)

Canailles - Lancement de « Manger du bois », Sala Rossa 

La Sala Rossa ne semblait plus fournir jeudi; ni contenir le trop de gens impatients de rentrer voir Canailles.

Animaux empaillés, « Tab à Snack » sur le côté, l’ambiance est parée pour le roadkill et les écorchements de voix. Embarquement du groupe. Les blagues s’enchainent, ça résonne, ça troubadour, ça fanfaronne. Splash de bière dans l'dos du gars en avant, les musiciens se donnent et se bidonnent.

On a droit en plus à un set carré de groupe. Le public, guidé par Canailles, avance, recule, tourne sur lui-même et revient en avant (je fais un peu l'inverse, au grand malheur de mes voisins, mais ça c'est une autre histoire). Sans chichi, on obéit. Absolument manipulables et heureux de faire le plus grand des set-carrés ici, ce soir en gentilles canailles.

La musique de la formation évoque fortement la musique de Bernard Adamus, à en entendre un gars en arrière qui dit que c’est l’équivalent d’Adamus, je me que si ça ne fait pas l'unanimité de tous, ça suscite plus que de la curiosité. Pour ma part, j'hallucine un instant la chanson des aventuriers du timbre perdu, Kazoo:

 

 Au delà de tout ça, ça sentait bon le party et en plus d’avoir revu quelques visages familiers, j’ai appris que «canailles» est aussi un verbe et canailler est une activit/ des plus divertissante.

Death Cab for Cutie – Église St-Jean Baptiste

Ça se bouscule un peu pour rentrer à l’église. Après la première partie avec Low en plénitude. Je me souviens de Timber Timber dernier spectacle vu et entendu ici. Je ne me souviens de pas savoir si j’avais aimé ou non, l’ambiance était parfaite pour les ombres de Timber et ses Demon Host , mais pourtant, l’Église semblait nous déconnecté du groupe.

Du violon, des violons, se mettent à emplir la place. 

J'ai compris immédiatement que Death Cab for Cutie n’avait pas perdu la main, mais que pour des raisons d’acoustique ou de lieu, ils n’arriveraient pas à me toucher ce soir. J’écoute un instant et ne suis plus l’instant suivant. Mon déficit d'attention est plus prenant qu’à l’habitude, aussi malheureusement.  

Autour de moi, la foule s’emporte et embarque. La chanson Different Names for the Same Thing m’effleure un peu, l’écho de la musique semble enfin approprié pour l’acoustique de l’église. 

Peu  importe, je sors de là, peu ou pas  convaincue que les shows rock (ou du moins comprenant de la guitare électrique) trouvent vraiment leur place dans cette église, même si j’aimerais y croire, même si le décor et les lumières ont ce qu’il faut, des éléments sonores semblent manquer. J’aimerais voir Cinematic Orchestra ou un Patrick Watson performer ici, pour voir si vraiment cet endroit est dénué de potentiel pour moi et si je suis dénuée moi-même de potentiel pour lui. Malgré le Standing ovation enthousiasmé, je m’avoue vaincue, déçue, veni, vidi, vici, mais en moins l’fun.

C'était une semaine chargée, excusez le mode décharge.

 


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